NEWSLETTER REGIONALE / MARS 2015

L’EDITO : Retenue d’eau de Bessenay (Rhône) : Une décision juridique pleine de bon sens


Qui pourrait nier que les cultures ont besoin d’eau pour se développer ?
C’est une évidence que nul ne conteste mais le « diable est dans les détails » !
Dans un contexte de bouleversement climatique, le partage de l’eau est un enjeu majeur car sans eau, pas de vie, pas de production agricole et pas d’industrie.

La FNSEA, bien consciente de l’enjeu, a fait de l’appropriation de la ressource en eau un étendard pour rassembler sa base.
L’épreuve de force est en marche depuis plusieurs années avec les coups de boutoir répétés contre l’ONEMA et un lobbying très agressif à tous les niveaux décisionnels ayant abouti aux déclarations répétées d’un pouvoir exécutif qui manque de confiance et cède (un peu vite) à la pression.
Sauf que :


- Contrairement à ce que Xavier Beulin voudrait nous faire croire depuis son hold-up sur la FNSEA, la « profession agricole » n’est pas unanime.


- La société civile ne va pas continuer indéfiniment à appliquer le principe « non-pollueur/payeur ».
En clair, l’agriculture sous-paye l’eau qu’elle utilise et le différentiel est payé par les autres usagers ! De plus, les pouvoirs publics donc encore une fois les usagers payent les ouvrages destinés à l’irrigation, notamment par le biais des Agences de l’eau.
Tout cela est rendu possible par la surreprésentation des organisations agricoles dans les conseils d’administration des Agences de l’eau.

– Les barrages en travers du lit des cours d’eau (surtout petits) réchauffent l’eau, accumulent la pollution, empêchent le remplissage des nappes phréatiques et détruisent les zones humides, nous privant des services rendus par un écosystème aquatique en bonne santé et générant encore des coûts supplémentaires pour les usagers non-agricoles.
Le 10 mars, la Cour d’appel Administrative de Lyon a remis « l’église au milieu du village » en annulant un arrêté préfectoral qui autorisait la création d’un barrage de retenue et la destruction d’une zone humide pour irriguer 10 hectares de cerisiers.
Etait-il besoin de détruire un écosystème pour cela ?

Non, il aurait été tout à fait possible, mais certainement plus cher, de constituer une réserve d’eau de même volume sur les parcelles exploitées en dehors du lit de la rivière et de remplir cette réserve lors des périodes de fortes précipitations.

Tout le monde serait ainsi satisfait, le producteur de cerises, l’administration, les autres usagers de l’eau et aussi les « poètes » qui conserveraient ainsi un écosystème vivant et fonctionnel, source d’aménités certes non chiffrables !
J’en vois déjà certains ricaner et s’esclaffer : c’est le monde de la « fée clochette » ! Laissons l’imbécile rire de ce qu’il ne comprend pas et que les hommes et femmes de bonne volonté retroussent leurs manches dans un dialogue apaisé pour retrouver la voie du bon sens.

L’épreuve de force ne mène nulle part et me semble particulièrement risquée dans la crise sociétale que nous vivons.
Eric FERAILLE, Président FRAPNA Région