Les trains de nuit

La compagnie nationale autrichienne ÖBB est devenue ces dernières années la championne des trains de nuit, rachetant même les activités dont l’allemande Deutsche Bahn voulait se défaire pour se constituer un réseau en Europe centrale. Elle atteint désormais Bruxelles depuis Vienne et a récemment acheté 20 nouveaux trains pour 500 millions d’euros, avec pour objectif d’aller plus loin fin 2024.
« Alors je pourrai réaliser mon rêve d’aller jusqu’à Paris », disait récemment son patron Andreas Matthä à la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

« Ces prochaines années, nous voulons mettre l’accent sur la construction du réseau de trains de nuit », a aussi déclaré la ministre autrichienne de l’Environnement Leonore Gewessler au journal Kleine Zeitung. « Nous voulons renforcer ce rôle de pionnier », a-t-elle ajouté, notant fièrement que Vienne est desservie par plus de trains de nuit que toute autre ville d’Europe.

En France, les liaisons nocturnes ont été supprimées les unes après les autres ces dernières années en France, victimes du développement du réseau TGV, de la suppression du service militaire, du manque d’investissements, des travaux, des grèves, des retards, du manque de confort… et bien sûr de la concurrence du low-cost aérien.

Les deux seules lignes exploitées par la SNCF ne sont pas les seules à avoir pâti de la grève.
Les transporteurs étrangers qui opèrent des liaisons nocturnes en France ont également subi les conséquences de la grève des cheminots français.

C’est le cas de Thello, filiale de la compagnie nationale italienne Trenitalia, avec sa liaison quotidienne Paris-Venise.
Idem pour le Paris-Moscou, opéré une fois par semaine par les chemins de fer russes (RZD).
Ces compagnies n’emploient pas de personnels de la SNCF, mais elles empruntent les infrastructures gérées par SNCF Réseau. Faute d’agents de circulation, leurs trains ne sont pas autorisés à emprunter les rails français.

Souvent accusée d’avoir saboté les trains de nuit, la SNCF se met au pas. « Je pense qu’il y a une vraie attente », indique Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, citant en particulier « une population jeune qui fait attention au carbone » et prend davantage le temps de voyager.
« Mais il ne faut pas simplement dire qu’on veut des trains de nuit, il faut réinventer le marché », avec sans doute de nouveaux types de trains, selon lui. « On ne peut pas refaire le train de nuit d’hier ! […] Les compartiments à six pour dormir avec des personnes qu’on ne connaît pas, ce n’est plus un standard ».

La compagnie allemande FlixTrain a déposé cinq projets de lignes de trains auprès de l‘Arafer. Ils concernent les trajets

Paris-Nord-Bruxelles-Nord,
Paris-Bercy-Lyon Perrache,
Paris-Bercy-Nice,
Paris-Bercy-Toulouse, et
Paris-Austerlitz-Bordeaux.

L’italien Trenitalia s’est déjà positionné sur les Paris-Lyon, avec une offre grande vitesse.

Emmanuel Macron a annoncé le 14 juillet qu’il comptait « redévelopper massivement » les trains de nuit, de même que le fret ferroviaire et les petites lignes. Et le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a d’ores et déjà annoncé la renaissance de deux lignes « d’ici 2022 », (Paris-Nice et Paris-Tarbes).

Les liaisons saisonnières

On avait depuis la vallée de l’Arve et le Pays du Mt Blanc la possibilité de prendre correspondance de l’Eurostar (détenu à 55% par la SNCF) à Albertville. Ce service était utilisé l’hiver par 30 000 personnes.

La SNCF vient d’annoncer le retrait de ce service.

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