Depuis 2006 déjà, Hubert Bertrand, maire de Saint-Genis-Pouilly essaie d’implanter un centre commercial à Saint-Genis-Pouilly. En 2006 , le POS de Saint Genis a été révisé par le maire afin de passer en zone constructible les futurs terrains d’Open..
En 2012 , la Société IF-Allondon détenue par Antoine Frey (promoteur immobilier de centres commerciaux) s’allie au maire pour construire un « shopping promenade » sur une zone classée au préalable « zone humide ». Il souhaite y investir 150 millions d’euros.

En 2021, est-ce pertinent de construire ce centre commercial ?

Installer 70 enseignes sur 39 000 m2 d’espace de vente alors qu’il existe déjà une offre commerciale surabondante dans le Pays de Gex, en plus de Genève ?
Le Pays de Gex est la région de France qui détient le plus de centre de ce type par habitant.
On recense :
• A 4 km : Centre commercial du Forum de Meyrin, côté Suisse (40 commerces)
• A 5 km : Val Thoiry : 33 671 m2 (projet d’agrandissement de 100 millions d’euros)
• A 6 km : Nouvel Espace Candide à Ferney-Voltaire :11 000 m2
• A 7 km : Carrefour à Segny : 28 950 m2 (projet d’agrandissement)
• A 8 km : Création prévue d’un centre commercial géant à Ferney Voltaire : 63 000 m2
• A 10 km : Balexert, Vernier côté Suisse : 50 000 m2 (120 enseignes et vient d’être rénové)
Soit plus de 200.000 m2 de surfaces commerciales ! Sans compter le projet OPEN.

Le chiffre d’affaires de ces centres commerciaux stagne depuis plusieurs années et globalement, il commence à être en recul.

Selon le journal « les Echos » du 12 mars 2018 :« la société́ Frey considère que la zone de chalandise de son projet Open, à Saint-Genis-Pouilly, qu’elle évalue à 530.000 habitants, est « l’une des plus qualitatives de France ». Il fait référence aux frontaliers qui travaillent en Suisse, mieux payés pour un emploi équivalent, et aux Suisses qui viennent faire leurs courses pour moins cher en France ».
Cela fait rêver tous les promoteurs immobiliers de la région, voire même de toute l’Europe !

Open : 500 emplois à la clé ?
Le procès-verbal du Conseil communautaire de la CCPG du 15 février 2017 rend compte des divergences parmi les élus de la région.
Le maire de Saint-Genis-Pouilly, Hubert Bertrand, défend coute que coute le projet Open. Prévoyant la création de 500 emplois, “[Open] s’inscrit dans la géographie, il s’inscrit dans l’économie, dans notre développement, il ne porte pas préjudice à d’autres projets”.
Mais plusieurs voix du Conseil communautaire s’enlèvent contre la construction du centre commercial.
François Meylan, ancien maire de la commune de Ferney-Voltaire, critique le projet : “On n’a pas eu comme objectif de faire [du Pays de Gex] la salle de jeu et le supermarché de Genève. Je pense que la population du Pays de Gex ne justifie pas autant de mètres carrés de surfaces de commerces.”
La concurrence ardue avec les autres pôles commerciaux de la région cristallise les inquiétudes de nombreux responsables locaux. Il développe : “Je pense que quand on parle d’emplois, on parle toujours des créations d’emplois et on ne parle jamais des emplois que l’on détruit, et il y a des ouvrages, beaucoup d’ouvrages qui ont été́ faits sur la façon de gérer la périphérie des villes avec les grands centres commerciaux qui vident complètement les centres villes et je pense que l’on n’est pas dans la bonne démarche.”


Une aberration environnementale ?

Les terrains destinés à ce projet ont une superficie de 14 ha, regroupant terrains agricoles, prairie et maintenant une petite zone humide sur sa partie basse. C’était une zone humide majeure auparavant.
Ces dernières, riches en biodiversité, sont protégées par le Code de l’environnement, mais connaissent néanmoins un fort déclin en France, notamment du fait de projets immobiliers.
Selon l’hydrogéologue Rémi Fontaine :
« La profondeur de la nappe varie, de quatre mètres de profondeur environ …, à zéro mètres, là où la zone humide affleure en surface. Or, si on creuse trop profond lors des constructions, on risque d’atteindre la nappe. Ce qui peut entrainer des problèmes d’inondations sur les infrastructures comme un garage souterrain ou partiellement enterré. Si on est obligé de faire appel à des pompages pour abaisser le niveau de la nappe, cela peut entrainer un abaissement de la nappe qui pourrait mettre en péril l’existence de la zone humide ».

Ce projet peut-il présenter d’autres risques pour l’environnement ?

En tout cas, nos voisins suisses s’en inquiètent : l’avenir de l’Allondon
Toujours selon Rémi Fontaine :
« Un abaissement artificiel par pompage de la nappe en aval entrainera aussi un appel d’eau supplémentaire alimenté en amont par l’ Allondon… Cette rivière, qui était autrefois riche en biodiversité, et qui le redevient progressivement grâce aux efforts de restauration sur son tronçon suisse, alimente des zones marécageuses où l’on trouve reptiles, avifaune et microfaune, liés aux milieux aquatiques et terriens.
On risque de pomper plus que l’ Allondon ne peut apporter pour réalimenter la nappe, et ainsi assécher l’ Allondon en amont, notamment quand les débits diminuent l’été, en période d’étiage.
Avant même l’existence du projet Open, l’ Allondon a vu son débit diminuer fortement en période d’étiage en amont du site prévu à cause de pompages dans la nappe associée à la rivière ou directement dans la rivière … ».

Le projet prévoit-il de remédier à de possibles préjudices pour l’environnement ?
On ne connait jamais le coût réels de tels projets pour l’environnement ! Alors on propose toujours des mesures compensatoires, tel un joli lac, un jet d’eau, etc.
Mais c’est de la compensation pour créer de l’illusion, de vraies fausses mesures. Car ce sont bien des terres cultivables que l’on bétonne, et donc qu’on imperméabilise !
Il est important d’en prendre compte avant de réaliser un tel projet.

Accessibilité au futur centre commercial.
Une augmentation notoire de la circulation depuis la frontière jusqu’à la zone de l’Allondon est prévue, dont beaucoup venant de la Suisse [12 000 voitures attendues le samedi, 9 000 par jour pendant la semaine selon le rapport du commissaire enquêteur du 3 nov 2017] !
Le promoteur Frey s’est engagé à mettre en place un transport public et à financer l’agrandissement des routes. Pour des raisons de compétences, la cour administrative d’appel de Lyon le lui a interdit, le 8 octobre 2020.

Une pétition contre ce projet a permis de rassembler déjà plus de 12 000 signatures.

Le débat sur la pertinence du projet Open n’est donc pas clos !

Nous continuerons à nous battre jusqu’à ce que projet soit abandonné !
Voyez notre page Facebook

Collectif contre le projet Open

Pour nous permettre de faire face aux frais de justice et d’expertise, nous recevons vos dons sur : https://www.leetchi.com/c/stop-au-projet-open-de-saint-genis

Merci !